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Bien utiliser l'écriture inclusive : règles et exemples

écriture inclusive ou écriture épicène
L'écriture inclusive est de plus en plus présente sur le web

Que vous soyez pour ou contre l’écriture inclusive, vous ne pouvez plus passer au travers ! Articles de blog, mails, posts sur les réseaux sociaux témoignent de son usage en France malgré les résistances de l’Académie française et du ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer !

 

Dans votre vie de rédacteur ou de rédactrice, ou, pourrions-nous plutôt écrire, dans votre vie de rédacteur·rice, vous serez tôt ou tard confronté·e aux codes de la graphie non genrée.

 

Petit guide sur le contexte et sur les principes de ce que l’on appelle aussi l’écriture épicène, la graphie non sexiste ou encore l’écriture égalitaire.

 

 

Bien utiliser l'écriture inclusive

Dans cet article sur l'écriture inclusive, nous verrons :

  1. Qu’est-ce que l’écriture inclusive ?
  2. Pourquoi opter pour une écriture sans notion de genre
  3. Définition de l’écriture inclusive
  4. Quelles sont les règles de l’écriture épicène ?
  5. L’utilisation du point médian ou point milieu
  6. Les principes de l’écriture égalitaire
  7. Quand utiliser la graphie non sexiste ?
  8. Quelle dose d’inclusion distiller dans vos contenus ?
  9. Qu’en est-il du SEO lorsqu’on utilise l’écriture inclusive ?
  10. L’écriture inclusive n’est pas une spécificité de la langue française !



Qu'est-ce que l'écriture inclusive ?

Le français est-il une langue sexiste ou misogyne ? Nous nous garderons bien d’entrer dans le débat et nous contenterons de vous détailler humblement le pourquoi de l’écriture inclusive et sa définition !

 

Pourquoi opter pour une écriture sans notion de genre ?

L’écriture inclusive est née du constat que la langue française, dépourvue de noms neutres, desservait le féminin au profit d’une utilisation injustement favorable au masculin. Cette inégalité aurait des conséquences sur notre mode de pensée, notre vision du monde. En effet, en reléguant le féminin à un niveau inférieur et en rendant les femmes moins légitimes par leur sous-représentation dans le langage, notamment dans certains métiers et fonctions, le français engendrerait des différences de traitement selon le sexe.

 

L’écriture inclusive vise donc à réparer cette inégalité des genres, et ce de plusieurs façons :

  • remaniement orthographique de certains noms (ex : rédacteurice) ;
  • choix de termes épicènes (droits humains plutôt que droits de l’Homme) ;
  • féminisation de mots exclusivement masculins (auteur au féminin redevient, comme à la Renaissance, « autrice » ou se transforme en « auteure ») ;
  • nouvelle typographie (le fameux point médian,  par exemple : certain·e·s, les parenthèses : certains(es), le tiret : certain-e-s ou le slash : certains/es).

Définition de l'écriture inclusive

L’écriture inclusive, c’est donc un ensemble de principes utilisés dans la graphie et la syntaxe pour rétablir l’égalité de représentation hommes/femmes. Elle intègre, outre le point médian (ou point milieu), des termes épicènes, la féminisation des mots et, plus généralement, une tournure qui prend aussi bien en compte la femme que l’homme en français.

Quelles sont les règles de l'écriture épicène ?

exemple d'écriture inclusive
Quelques phrases rédigées avec l'écriture épicène - Source : www.fortissimots.com

Si le point médian est l’élément le plus visible et représentatif de l’écriture épicène, il n’est pourtant pas le seul et écrire de manière égalitaire ne se réduit pas à ce fameux point.

 

L'utilisation du point médian ou point milieu

Commençons par le plus flagrant, le point médian aussi appelé le point milieu.
En pratique, sur un PC, vous appuyez sur Alt + 0183 et sur un Mac : Alt + Maj + F. Ce détail réglé, passons à la suite : préparez-vous à voir Word souligner en rouge la plupart de vos mots !

 

Pour connaître ce que l’on écrit après ce point, vous devez vous baser sur la dernière lettre ou la dernière syllabe du mot au masculin (c’est donc toujours le masculin qui mène la danse, on dit ça, on ne dit rien 😉) :

  • s’il finit par « teur », comme rédacteur, ça donnera « rice » : rédacteur.rice, et vous ajoutez ·s si vous souhaitez un pluriel ; S’il finit en teur, mais donne « euse » au féminin, on aura alors acheteur·euse·s ;
  • s’il se termine par eur, ça donne euse : travailleur·euse et au pluriel travailleur·euse·s ;
  • s’il finit par une voyelle, comme retraité, vous ajoutez ·e : retraité·e et au pluriel, un ·s : retraité·e·s ;
  • mots en tif : sportif·ive·s ;
  • mots finissant par t : compatissant·e·s ;
  • comme l’écriture inclusive tient à rester aussi compliquée que l’écriture non inclusive, notez que les mots en « al » diffèrent des mots en « el ». En effet, on écrira : départemental·e·s (seulement un e après le point) mais intellectuel·le·s (« le » après le point) ; La raison vient du fait que les mots en el prennent un second l au féminin contrairement aux mots en al.

 

Un conseil pour celles et ceux (celleux !) qui ont du mal avec ce point : vous pouvez le remplacer par le point de ponctuation (presque personne ne verra le subterfuge !), un slash, un tiret, des parenthèses ou même une mise en majuscule de la lettre qui féminise le mot (candidatEs).

 

Les principes de l'écriture égalitaire

Certains principes sont moins controversés car nous y sommes déjà habitués et ils ne modifient pas la fluidité de la lecture.

  • Pratique double genrée : les rédacteurs et les rédactrices, les postulantes et les postulants (par ordre alphabétique) plutôt que le masculin pluriel ;
  • Le choix d’un mot générique ou écriture dite neutre ou dégenrée : le parent, plutôt que le papa ou la maman ; les fonctionnaires de police plutôt que les policiers ;
  • L’accord de proximité : l’accord de l’adjectif se fait alors avec le sujet le plus près. Par exemple : « les hommes et les femmes sont déconfites face aux dernières réformes orthographiques (😉) » ;
  • L’accord des fonctions, métiers, grades et titres selon le sexe : docteur devient docteure, on écrira aussi professeure et madame LA ministre. Maître est encore sujet à débat chez les avocats, profession que les femmes ne peuvent exercer que depuis… 1900 !

Quand utiliser la graphie non sexiste ?

L'écriture inclusive est aujourd'hui source de polémiques. Comment savoir quand l'utiliser ? 

Le joyeux bazar au niveau national

Tiraillé entre ceux qui se veulent pragmatiques et l’accusent de compliquer la vie des personnes malvoyantes ou atteintes dyslexie et ceux qui y trouvent un moyen de lutter contre l’androcentrisme, le langage non genré se développe sur Internet comme dans le monde politique, associatif, culturel et même entrepreneurial.

Difficile cependant de s’y retrouver quand s’opposent :

  • la circulaire du 6 mai 2021 du ministre de l’Éducation nationale Jean- Michel Blanquer qui interdit le point médian dans les actes administratifs ainsi qu’à l’école ;
  • la pétition contre cette même écriture lancée par une association, SOS éducation, et signée par plus de 52 000 personnes ;
  • l’adoption de la graphie non genrée par la mairie de Paris ;
  • la publication par les éditions Hatier d’un manuel scolaire en écriture inclusive.

La communication égalitaire a donc ses farouches opposants comme ses fervent.e.s défenseur.seuse.s !


L’Académie française, elle, va jusqu’à parler de « péril mortel » et « d’aberration inclusive ».

 

Quelle dose d'inclusion distiller dans vos contenus ?

C’est donc à vous, rédacteurs et rédactrices, chefs (et cheffes !) d’entreprise et communicants de tout poil, de réfléchir à votre stratégie avant de l’utiliser : quelles sont les valeurs de votre persona ? Quelles sont celles que vous voulez mettre en avant ?


La question principale que vous devez vous poser, c’est : « à quel degré l’utiliser ? ».

 

En effet, il y a des subtilités dans ce type de graphie ! Quand vous écrivez « le parent » plutôt que « le papa » ou « la maman », quand vous évitez de conseiller des jouets roses pour les filles et bleus pour les garçons, vous êtes déjà dans l’inclusif de manière discrète. Quand notre président de la République s’exprime avec la formule « celles et ceux », « toutes et tous », « chères concitoyennes, chers concitoyens », il procède déjà à un discours inclusif. Si le point milieu est le plus polémique, il n’en est pas l’unique représentant.

À vous de voir où vous situez la limite, le point médian formant une sorte de ligne de démarcation entre l’écriture classique et l’écriture inclusive alors que ce type de communication peut tout à fait être mis en pratique en l’absence de ce signe typographique si controversé.

 

Qu'en est-il du SEO lorsqu'on utilise l'écriture inclusive ?

Selon Olivier Andrieu, l’écriture épicène complique la recherche. Il a tenté plusieurs expériences et constaté que les moteurs de recherche considéraient le point médian comme un espace. Lorsqu’il utilise le mot « agriculteurice », Google l’interprète carrément comme une faute d’orthographe.

 

Une requête dans cette écriture ne mènera qu’à des articles utilisant le même type de code et éloignera les articles non inclusifs. Inversement, une requête non inclusive mènera difficilement sur un article rédigé en mode épicène.

Cela varie cependant en fonction des formats choisis : tiret, parenthèses, slash…

 

Olivier Andrieu suggère donc d’opter pour ce type d’écriture uniquement quand on ne souhaite pas être recherché à partir d’une requête classique.

 

Les robots ne sont pas encore adaptés à cette pratique.

 

L'écriture inclusive n'est pas une spécificité de la langue française !

Le saviez-vous ? L’écriture inclusive n’est pas bornée aux frontières de la France !  En portugais, espagnol et italien, sont apparus l’astérisque *, l’arobase, la lettre x et, plus souvent, la terminaison a/o (a représentant le féminin et o le masculin).

 

L’anglais, qui connaît le genre neutre, utilise également l’arobase ou le x pour désigner un groupe de personnes ou le genre non binaire.

 

Chez nos voisins allemands, die Geschlechtergerechte Sprache (littéralement "langue d'équité entre les sexes") est aussi à l'ordre du jour. 

 

Quant aux Québécois (et Québécoises, bien sûr !), ils ont féminisé les métiers et fonctions depuis plusieurs dizaines d’années.



 

Emma Ménébrode - Rédactrice et correctrice

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